Peter Rindisbacher : La beauté sur commande

Aquarelle de chasseurs indiens en raquettes qui sont munis d’arcs et de flèches et accompagnés de leurs chiens pourchassant des bisons au début du printemps.

Dans cet épisode, l’ancien gestionnaire des collections à Bibliothèque et Archives Canada, Gilbert Gignac, nous parle de la vie de Peter Rindisbacher, un artiste qui a quitté la Suisse en compagnie de sa famille lorsqu’il n’avait que 15 ans pour immigrer au Canada. Établi dans la Colonie de la Rivière-Rouge de 1821 à 1826, il a été le premier artiste à dessiner et à peindre l’Ouest canadien.

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Durée : 38:56

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Date de publication : 30 juin 2016

  • Transcription d'épisode 29

    Geneviève Morin : Bienvenue à « Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire ». Ici Geneviève Morin, votre animatrice. Joignez-vous à nous pour découvrir les trésors que recèlent nos collections, pour en savoir plus sur nos nombreux services et pour rencontrer les gens qui acquièrent, protègent et font connaître le patrimoine documentaire du Canada.

    Dans la présente émission, nous nous attardons sur la vie de Peter Rindisbacher, un artiste qui a quitté la Suisse en compagnie de sa famille lorsqu’il n’avait que 15 ans pour immigrer au Canada. Établi dans la Colonie de la Rivière-Rouge de 1821 à 1826, il est devenu le premier artiste à dessiner et à peindre l’Ouest canadien.

    Nous rencontrons Gilbert Gignac, ancien gestionnaire des collections à Bibliothèque et Archives Canada, pour aborder la transition de Rindisbacher de l’Europe vers le Canada ainsi que son influence sur la culture visuelle canadienne.

    Pour voir des images liées à cette émission, vous pouvez regarder notre album sur Flickr tout en nous écoutant. Allez à bac-lac.gc.ca/balados.

    En 1912, l’archiviste fédéral, Sir Arthur Doughty, a fait l’acquisition d’un ouvrage d’aquarelles de Rindisbacher pour la somme de 600 dollars. Par la suite, Bibliothèque et Archives Canada a continué à acquérir des œuvres de ce grand artiste et sa collection en compte maintenant plus de 50.

    Bonjour Gilbert.

    Gilbert Gignac : Bonjour. *rire* Allô, comment allez-vous?

    GM : Quel plaisir de vous accueillir aujourd’hui.

    GG : Je suis heureux d’être ici.

    GM : Vous êtes l’ancien gestionnaire des collections d’art à BAC. Et personne ne connaît la collection, et bien je devrais plutôt dire très peu de gens connaissent la collection aussi bien que vous. Alors vous êtes déjà très familier avec les œuvres de Peter Rindisbacher. Mais vous avez approfondi votre recherche sur lui. Pendant combien de temps avez-vous étudié ses œuvres?

    GG : Et bien j’ai commencé à travailler aux Archives en 1974 et j’ai passé 30 ans à admirer la collection dans le cadre de mon travail. Alors, lorsqu’est venu le temps d’observer le travail de Peter Rindisbacher, comme tout le monde, nous n’avons pas tardé à admirer la beauté de ses œuvres et la qualité de ses peintures. Et, à vrai dire, Mary Allodi, doyenne des historiens de l’art canadien, a un jour dit de lui qu’il est l’artiste qui non seulement nous documente, mais il nous expose une grande beauté dans ses œuvres. Et de posséder ces deux qualités dans le même travail est plutôt inhabituel dans l’art documentaire. Je me souviens de Peter Rindisbacher, car, à mes tous débuts aux Archives, une exposition complète a été consacrée à l’homme et à ses œuvres par le Musée des beaux-arts et le musée Amon Carter, ce qui a permis de présenter l’exposition et le catalogue sur l’exposition L’artiste était un jeune homme. Cela est très marquant puisque Peter Rindisbacher a immigré au Canada à l’âge de 15 ans.

    GM : 15 ans. Il était un adolescent.

    GG : Oui, il n’était qu’un adolescent, très jeune. Et au cours de ses cinq années passées au Canada, de 1821 à 1826, il a reproduit les scènes les plus remarquables de son environnement à la Colonie de la Rivière-Rouge. Il a quitté le canton de Berne, en Suisse, qui est situé au beau milieu de la Suisse d’aujourd’hui. Après quelques traversées sur le Rhin dans des embarcations pour se rendre au port de Rotterdam en Hollande, un navire attendait les voyageurs. Il y avait 165 immigrants de la Suisse et de l’Allemagne du Sud qui ont fait le voyage et Rindisbacher et tous les membres de sa famille sont venus en Amérique du Nord à bord de ce navire du nom de Lord Wellington. L’équipage avait été embauché à titre privé par Lord Selkirk et sa succession pour assurer le simple transport des immigrants. Mais aucun navire ne traversait seul l’Atlantique; il était toujours accompagné de navires de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Et on se regroupait donc, à la dernière pointe de terre en Grande-Bretagne aux Orcades là où les navires de la Compagnie de la Baie d’Hudson se réunissaient à une date précise disposant de trois à quatre jours de marge de manœuvre. Et puis, ils quittaient le même jour dans des conditions favorables et ils se dirigeaient vers la pointe méridionale du Groenland et puis au Nord vers le détroit de Baffin et vers la Baie d’Hudson et à Fort York.

    GM : Il s’agit d’une introduction plutôt glaciale à destination du Canada.

    GG : On passe par le cercle arctique et à travers cet étroit passage. Alors l’immigration en soi était intercontinentale et internationale et le mouvement survenait au moment même où le Canada fait face à de grands changements, dans l’Ouest où le passage, la réception et l’arrivée des immigrants étaient affectés.

    Cela se passait à un moment où le conflit entre les deux compagnies de traite des fourrures, soit la Compagnie du Nord-Ouest ainsi que la Compagnie de la Baie d'Hudson, s’est finalement réglé et les deux compagnies ont formé une alliance. Cette situation a modifié la façon de faire des affaires dans la colonie ainsi que le commerce de la fourrure. Il s’agissait d’une époque de grands bouleversements. Des immigrants arrivaient à ce moment-là et le calme et la quiétude ne régnaient pas et il y avait beaucoup d’agitation.

    L’Europe vivait également de grands changements en raison de la fin de la guerre napoléonienne. Napoléon est décédé la même année que l’arrivée de Rindisbacher au Canada. Alors l’ère napoléonienne était terminée en Europe. Et, bien entendu, l’Europe a été relativement dévastée par ces guerres. Voilà donc le contexte sociohistorique de l’immigration à ce moment-là.

    GM : Il traverse donc l’Atlantique et où débarque-t-il au juste?

    GG : À Fort York.

    GM : C’est donc à Fort York.

    GG : Sur la Baie d’Hudson, les voyageurs se rendent à Rivière-Rouge en naviguant sur la rivière Hayes et en traversant le lac Winnipeg et puis au sud vers la rivière Rouge au confluent de l’Assiniboine et de la Rouge, qui constitue aujourd’hui le centre de Winnipeg.

    GM : Et à partir de là, Rindisbacher avait déjà commencé à produire des illustrations. Il commence déjà à documenter l’histoire et il avait déjà documenté quelque chose. Il a documenté son périple.

    GG : Oui.

    GM : Et il est…

    GG : Et bien c’est ce que nous avons. Nous avons ce remarquable ensemble de 40 aquarelles qui présentent le voyage à partir du navire depuis la Hollande jusqu’à Rivière-Rouge. Il a donc illustré par des dessins tout son parcours. Et on remarque un problème au sujet de cet ensemble d’œuvres. On n’avait jamais vraiment observé le travail comme formant un tout. Certains étudieront seulement le voyage transatlantique; les historiens s’intéressent à l’ensemble des données liées à l’évolution des glaces dans l’Arctique permettant d’y circuler, d’en assurer l’exploration, le développement, le contact auprès des peuples nordiques, indigènes, tant Inuits qu’Autochtones. L’autre volet est beaucoup moins approfondi jusqu’à Rivière-Rouge. Et puis il a fait des dessins à Rivière-Rouge. Et on a étudié ces œuvres-là. Mais l’ensemble, le voyage comme tel n’a jamais été vraiment approfondi. Et en menant une recherche dans ce dossier, nous avons constaté tout à coup un acte de vente pour l’ensemble des aquarelles. Alors en 1912, la vente a porté sur l’ensemble des œuvres formant un tout pour la somme de 600 dollars. Alors, lorsque j’ai décidé de faire une nouvelle recherche, car il s’agit d’une somme importante, j’ai pensé qu’il devrait y avoir de la documentation. Comment M. Doughty, archiviste, a découvert ces dessins? Et le tout provenait de Paris, car l’acte de vente indique un marchand à Paris, ce qui était inhabituel.

    GM : Puisque les œuvres sont retournées en Europe d’une façon ou d’une autre.

    GG : Comment les œuvres ont-elles abouti à Paris? Cette question était intrigante. Alors j’ai repris mon travail de recherche dans les documents de M. Doughty. Et j’ai trouvé la lettre d’offre originale et j’ai trouvé les écrits sur les négociations pour l’envoi du livre. Il s’agissait de la plus grande révélation… un livre.

    GM : D’œuvres originales.

    GG : Il s’agissait d’un album. Toutes les aquarelles étaient regroupées dans un album. C’était un livre et cette histoire est passée dans l’oubli. Mais pour que l’idée germe de produire le tout dans un livre que Rindisbacher a créé nous amène à nous interroger. Pourquoi a-t-il créé cet album? À qui était-il destiné? Pourquoi cela s’est-il passé à Paris? Comment a-t-il été transporté? Et j’ai alors commencé à répondre à certaines de ces questions. L’une des lettres précise que l’on ne pouvait pas l’envoyer à Ottawa; ce livre de 40 aquarelles ne pouvait se rendre à Ottawa, car il fallait l’autorisation du propriétaire allemand. On se déplace donc maintenant de Paris vers l’Allemagne. On ne sait pas où exactement en Allemagne. On ne connaît pas le nom du propriétaire. On ne sait rien au sujet des propriétaires du volume. Il pourrait s’agir d’un autre marchand. Un marchand faisant du commerce avec un autre commerçant.

    GM : Donc on se rapproche du lieu de naissance de Rindisbacher.

    GG : On se rapproche très près de son lieu de naissance…

    GM : Oui.

    GG : …Comme on le dit. Alors pourquoi Rindisbacher produirait-il un livre au sujet de son périple et le renverrait chez lui?

    GM : Peut-être a-t-il été rémunéré pour produire cet ouvrage?

    GG : Et bien, on s’en rend compte tout à coup lorsque l’on examine d’autres aspects des œuvres de Rindisbacher au sein de la colonie. Car sa notoriété a immédiatement été reconnue. Il a amorcé son travail et les gens le reconnaissaient. Cet enfant, cet adolescent très talentueux ne laissait personne indifférent. Car il reproduisait le vécu dans la colonie et il s’agissait là d’un travail de pionnier. Et ces œuvres étaient impressionnantes. On l’a d’ailleurs remarqué. Et on ne cesse d’en apprendre toujours plus sur cet aspect de son travail. Qui le connaissait? Et puis on s’est aperçu tout à coup que certains clients avaient en leur possession certaines de ses œuvres. Et donc lorsque l’on examine les œuvres et les collections au Canada, on a réalisé soudainement qu’elles proviennent de personnes en position d’autorité. Alors l’ancien gouverneur Andrew Bulger détenait des aquarelles de Rindisbacher. La magnifique aquarelle au Musée McCord exposant l’intérieur du bureau du gouverneur provient des descendants d’Andrew Bulger qui vivent toujours à Montréal. La magnifique aquarelle au musée Amon Carter portant sur la capitulation de Fort McKay après la guerre de 1812, là où Andrew Bulger était agent, est l’œuvre de Rindisbacher et appartenait à Andrew Bulger. Et on en vient donc à la conclusion en étudiant d’autres personnes, comme le gouverneur Pelly qui était là de 1823 à 1825, qui détenaient également des œuvres de Rindisbacher. On remarque donc qu’il s’agit de gens de pouvoir, qui ont de l’argent et des ressources. Ce ne sont pas des gens pauvres, des agriculteurs et des soi-disant serviteurs de la Compagnie de la Baie d’Hudson, mais des personnes qui ont les moyens. On s’est donc rendu compte que Rindisbacher fait la vente de ses œuvres. Et qu’il produit ses œuvres seulement après avoir reçu une commission. Et on connaît le prix de certaines de ses œuvres. Et on sait que les gens qui commandent ses ouvrages les connaissent, car ils en précisent le titre. Et tous ces renseignements indiquent qu’il crée ses œuvres après commission et il est donc un artiste professionnel.

    GM : Donc il n’est pas simplement un gamin qui aime griffonner.

    GG : Oh que non. Il faut prendre conscience qu’il a 15 ans, mais on peignait et dessinait de façon très différente au début du XIXe siècle par rapport à ce que l’on fait aujourd’hui. Aujourd’hui, on se rend dans un magasin de matériel d’artiste, on achète papier et crayons, on s’assoit à une table et on dessine. Et pourquoi dessine-t-on? À qui est destinée l’œuvre? Reçoit-on une rétribution? Non, je ne fais que dessiner. Je vais sortir aller faire quelques croquis et c’est un divertissement. Et bien au début du XIXe siècle et au XVIIIe siècle, nul sain d’esprit ne pourrait concevoir de produire des œuvres d’art pour simplement divertir, car le dessin était nettement plus répandu. Tout le monde dessinait. Et alors passer à la prochaine étape et déclarer, et bien je suis un artiste professionnel, aimeriez-vous que je crée certaines œuvres pour vous? Et voici le prix exigé. Et voici le temps qui y sera consacré. Lorsque l’on examine le livre et l’album, on se demande qui a fait un paiement pour ce genre de travail? Qui en a fait la commande? Pourquoi en a-t-on fait la commande? Car on sait que le livre a été renvoyé en Europe.

    GM : Gilbert précise que Rindisbacher n’a pas créé d’album pour lui-même. Il ne s’agissait pas d’images de son parcours à des fins personnelles. Ce n’était certainement pas un journal. C’était bien plus objectif. La façon d’en faire le récit, de donner son point de vue.

    GG : Par exemple, dans les 12 premières aquarelles, on voit des navires en mer. Mais lorsque l’on en fait l’observation, c’est comme s’il se trouvait à plus d’un mille de distance. C’est pratiquement un spectacle cinématographique. La vue est prise à grande distance et on voit les petits navires à distance naviguant sur le vaste océan et des icebergs se profilent à l’horizon. Et on se rend compte que le navire est petit à côté du grand iceberg. Mais il n’y a aucun dessin sur le bateau. Aucun dessin du capitaine. Aucun dessin de sa famille sur le navire ou à quoi ressemblaient leurs lieux d’habitation, leur petit recoin exigu. Il n’existe pas non plus de dessins des événements qui se sont déroulés à bord du navire. Nous savons par exemple que des couples se sont mariés. Nous savons qu’il y a eu des naissances et des décès à bord du navire. Il y a eu des obsèques en mer. Rien de tout cela n’est consigné. Tout cela change donc notre perception de lui, que tout ce qu’il a peint n’est pas un choix personnel. Son travail est dicté par des clients. Et nous en apprenons davantage sur les personnes qui possédaient ses œuvres, ont passé une commande et pour nous permettre de comprendre ce que signifie son travail. Pourquoi peint-il ces éléments-là? Qu’est-ce qui est absent de ses œuvres? Pourquoi ça n’apparaît pas? Et alors nous commençons à saisir qu’il garde une certaine distance professionnelle si vous préférez. Il conserve un certain esprit professionnel qui le sépare de son œuvre. Il vise à combler les besoins de ses clients, des personnes désireuses d’acquérir ses dessins.

    GM : Qui désire qu’un artiste documente le voyage de ces immigrants à l’aide de croquis et d’aquarelles? Gilbert mentionne qu’il existe deux candidats possibles.

    GG : L’homme qui a organisé le voyage des immigrants, qui a fait le recrutement, qui a perçu tout l’argent, les frais et qui a dressé un calendrier des activités afin qu’ils puissent se rendre à Rotterdam le 20 mai et être prêts à partir. Et alors, cet homme, dans ses efforts de recrutement, aborde les gens en Europe pour leur parler de s’établir en plein cœur de l’Amérique du Nord à un endroit qu’on appelle aujourd’hui Winnipeg. Et alors, comment expliquer la situation aux gens, comment répondre à leurs questions? Il faut bien entendu préciser là où se trouve cet endroit? À la place d’un immigrant, j’aimerais savoir là où je vais, là où est cet endroit? Alors, les agents du recrutement disposeraient de cartes et ils pourraient indiquer là où c’est sur le globe. Et si l’on a un livre pour présenter le passage, cela peut se faire et cela est réaliste de le faire. Voici ce qui se passe dans le détroit de Baffin dans le cercle arctique et à la Baie d’Hudson de l’autre côté du monde, voici à quoi ça ressemble. Regardez dans mon livre, voici le passage que vous emprunterez. Il s’agit de raconter le voyage en images. On peut démontrer très clairement les diverses séquences. Voici ici le passage maritime et ici il y a le passage terrestre.

    GM : C’est pratiquement une brochure de voyage, mais peut-être pas destinée à des loisirs, mais plus pour indiquer là où on se rend en guise de garantie.

    GG : Oui. Alors il est l’un de nos candidats et il est l’agent de recrutement travaillant pour Selkirk Estate afin de trouver des immigrants pour la Colonie de la Rivière-Rouge.

    GM : Qui est le deuxième candidat?

    GG : Pour le deuxième, c’est que le processus d’immigration n’est pas simple. Les pays d’Europe surveillaient attentivement le mouvement d’immigration et là où les immigrants se rendaient. Car bon nombre de ces immigrants revenaient à leur point de départ en déclarant qu’on les avait bernés et qu’on leur avait menti. C’était difficile. Il n’y avait pas d’or, n’est-ce pas? Ce n’était pas le paradis promis. Le gouvernement suisse est intervenu en déclarant que l’on veut s’assurer que le passage de nos citoyens se passe bien. Et on désire ajouter un agent à l’équipage qui effectuera le trajet et il passera un an à la Colonie de la Rivière-Rouge et puis il reviendra l’année suivante à bord du navire. Il nous fera son rapport sur le déroulement des opérations. Nous en savons très peu sur cet homme, M. Hauser, et son existence est passée pratiquement sous silence. Mais il joue un rôle très important et il est un solide candidat. S’il doit rendre un compte rendu de son voyage au gouvernement suisse et au gouvernement du Canton de Berne aussi bien leur montrer des images du voyage. Une image vaut mille mots. Il s’agissait donc de faire la narration, si vous préférez, du trajet. Nous pensons donc qu’il est possible que cet homme ait commandé au jeune artiste de peindre des images pour l’album. Il a effectué un retour l’année suivante et il l’a rapporté avec lui. Alors nous saisissons mieux maintenant le spectre des œuvres par rapport à la clientèle et aux personnes qui ont fait l’acquisition de ces œuvres. Nous pouvons donc commencer à comprendre et à saisir pourquoi elles ont été créées. Lorsque nous comprenons mieux pourquoi elles ont été produites, comment elles seront utilisées, nous commençons alors à comprendre ce qui signifie l’image et pourquoi la composition et le sujet de l’image ressemblent à ce que l’on voit. Le message véhiculé est précis. Mais il ne s’agit pas d’un message que nous pouvons nécessairement lier à l’artiste lui-même. Je crois qu’une forme de collaboration décrirait le mieux la situation. Les dessins expriment un rapport entre ce que le client veut voir et désire montrer. Donc, comment il veut s’en servir. Et l’artiste qui peut combler ses besoins et ses obligations. Et puis, mentionnons également les spectateurs qui admirent les éléments du jour. Et puis, il y a les spectateurs d’aujourd’hui, qui font un retour en arrière.

    GM : Nous avons demandé à Gilbert s’il pensait que Rindisbacher a été embauché pour documenter le périple, car son style de peinture interpellait les Suisses et contribuerait peut-être à inciter d’autres immigrants à venir.

    GG : Oui. C’est une excellente question et je crois que nous pouvons mieux comprendre la situation en étudiant le langage. En examinant la civilisation, la culture dans la collectivité et, dans la Colonie de la Rivière-Rouge, on compte une riche diversité de personnes qui parlent diverses langues. On parle français, anglais, des langues autochtones et chacune possède déjà son propre dialecte coloré. À cela s’ajoutent les Français, les Allemands et les Italiens qui parlent suisse. Et, bien entendu, on comprend immédiatement que la distinction linguistique devient problématique et la traduction devient la solution. Le langage de Rindisbacher n’est pas verbal, il est visuel. Alors lorsqu’il dessine, il nous interpelle dans la façon dont il a été éduqué, dans la culture visuelle ayant servi à son éducation. Alors dans son travail, il nous parle et possède un vocabulaire visuel distinct. Les inscriptions dans ses œuvres sont rédigées en allemand et en français, alors nous savons qu’il parlait probablement français et allemand et également l’anglais. J’ai découvert, comme l’un des éléments fondamentaux de mes récentes recherches, que Peter Rindisbacher a été embauché à titre de traducteur par le gouverneur Bulger dans la colonie.

    GM : Il était un enfant occupé.

    GG : Il était un enfant occupé. Il était très intelligent et allumé. Son style et ses dessins à l’âge de 15 ans se démarquent. Il était également un traducteur. Les personnes qui sont venues ne maîtrisaient pas nécessairement plusieurs langues. Et les gens de la colonie devaient faire face à ce facteur. Cela n’est pas unique à Winnipeg ou à la Colonie de la Rivière-Rouge, c’est un élément qui s’inscrit dans l’histoire du Canada dès le départ. La traduction permet toujours de mesurer le mode de vie et les questions de la vie s’y rattachant. Cela est tout simplement inévitable. Alors Rindisbacher utilise un langage visuel et c’est un langage visuel suisse. Et tout le monde admire ses dessins et se demande d’où vient son style si beau, clair, rayonnant. C’est vraiment très beau. Et cela m’a beaucoup intrigué. Et bien évidemment, nous avons été éclairés par un fait historique transmis de vive voix. Aucun registre écrit n’a été recensé. Mais les membres de sa famille nous ont dit qu’il avait étudié avec un artiste qui se nomme Jakob Samuel Weibel en Suisse. Et il a passé un été avec cet artiste à l’âge de 12 ans et ils ont voyagé le plus clair de leur temps dans les Alpes à dessiner des paysages. Et donc on veut immédiatement lancer une recherche pour savoir qui est ce Jakob Samuel Weibel. Et lors de la publication du premier livre sur Rindisbacher, nul ne le connaissait. Mais depuis ce moment-là, des chercheurs-boursiers suisses ont publié une biographie de Weibel, et une petite section a été consacrée à Peter Rindisbacher. Et les chercheurs-boursiers suisses ont fait un rapprochement entre le style de Rindisbacher et celui de Weibel. Maintenant, qui était Jakob Samuel Weibel? On n’a pas tardé à savoir qu’il était graveur. Qu’il a œuvré dans la pure tradition de la gravure suisse. Très peu de gens sont au courant de ce sujet. L’histoire de l’art suisse est aussi compliquée que le début de l’histoire de l’art au Canada. Le sujet est compliqué en raison de toutes les influences et il y a eu l’influence française, allemande, les Italiens, en particulier l’influence italienne qui a régné sur toutes les régions d’Europe. Et en raison de la nature du pays lui-même. La Suisse était une confédération. L’art s’est développé grâce au mécénat. Il s’agit exactement du modèle de Rindisbacher dans la Colonie de la Rivière-Rouge. Son art a évolué grâce au mécénat. Des gens lui ont versé de l’argent pour effectuer les dessins que nous admirons aujourd’hui. Les mécènes à l’époque en Europe provenaient des membres de la cour, de l’église et de l’aristocratie. Leurs moyens financiers leur permettaient d’embaucher des artistes. Mais la Suisse n’avait pas de cour, de roi et elle était composée d’une fédération démocratique. Il y avait des élections dans les cantons et c’était l’autoreprésentation. Depuis le XVIe siècle, en plein cœur d’Europe, les Suisses étaient entourés du roi d’Espagne, du roi de France, du roi d’Angleterre, du roi d’Allemagne, du roi du tsar de Russie, du roi de Pologne, du roi de Hongrie et du roi d’Italie. La Suisse était isolée en plein milieu. Alors la langue, le langage visuel que Rindisbacher étudie et apprend se rapportent à la gravure. Il fait ses études auprès d’artistes qui créent des dessins et des paysages traduits en format imprimé.

    GM : Gilbert aborde la question de certains des sujets peints par Rindisbacher dans la Colonie de la Rivière-Rouge.

    GG : Lorsque nous examinons les œuvres de Rindisbacher dans les collections canadiennes et que nous les rassemblons, nous obtenons un livre. Nous avons un portfolio de dessins, dont certains se rapportent au livre, ce qui est intéressant. Nous avons d’autres grandes aquarelles présentant certaines scènes de chasse. Et, bien entendu, le thème de la chasse était largement répandu à cette époque-là. Partout en Europe, on dessine des scènes de ce genre, car tout le monde pratique la chasse, c’est la façon de s’alimenter. La chaîne Loblaws n’existait pas à l’époque, alors si on voulait obtenir de la viande, on partait pour aller tuer un bison. C’est après l’arrivée des Suisses que l’on a fait venir du bétail des États-Unis. Alors si nous examinons l’ensemble de l’œuvre, nous constatons qu’il s’agit de ces scènes de chasse. Et ces scènes sont relativement saisissantes, on chasse le bison dans les Prairies. Bien entendu, le bison est le plus grand mammifère en Amérique du Nord. C’est comme notre éléphant à nous. Il a dépeint les scènes de chasse les plus extraordinaires en hiver comme en été. Ces scènes sont intéressantes, car bien entendu elles relatent des expériences vécues sur le territoire. Alors la représentation du paysage, dans lequel ces scènes sont croquées, décrit pour la première fois la réalité de l’Ouest canadien. Rindisbacher devient le père du paysage de l’Ouest canadien. C’est un fait marquant dans l’histoire de l’art au Canada. Il a été le pionnier. Et le paysage est plat, très plat, il est plus que plat. Il est très difficile pour des gens qui ne sont pas originaires de l’Ouest et qui n’ont jamais connu la réalité de l’Ouest de se faire une idée d’une surface plane. Et je tiens à souligner cela, car Rindisbacher n’est pas originaire d’un pays à surface plane. Il vient d’un pays montagneux. Et lorsqu’il est arrivé à Winnipeg, le choc culturel a dû dépasser son entendement. Pas même une colline à l’horizon. Toute la surface était plane. Et alors les magnifiques paysages qu’il nous a légués, cette surface plane, il a été le premier à les dépeindre. C’est ce que c’est. C’est comme ça. C’est vraiment beau à regarder.

    GM : Alors l’ensemble de son travail suscite un grand intérêt, car Rindisbacher a réalisé ses œuvres en cinq ans ou moins…

    GG : Oui.

    GM : …moins de cinq ans. Parce que…

    GG : Et bien le livre a été créé en un an.

    GM : Mais il est resté à Rivière-Rouge jusqu’en 1826, n’est-ce pas?

    GG : Oui.

    GM : Et puis il y a eu une inondation qui a fait fuir sa famille.

    GG : Oui. Et cela, c’est un incident majeur. L’inondation de 1826 est la pire inondation qui ait été enregistrée. Et à Winnipeg, il y a un mât au beau milieu de la ville et on y a inscrit le niveau de l’eau pour 1826, 1872, 1851. Et on peut constater que celle de 1826 était la pire et qu’elle a fait beaucoup de ravages. Cette inondation a été causée par un hiver rigoureux et la nappe de glace sur la rivière Rouge a formé des embâcles. Une grande barrière s’est hissée et la pression n’a cessé de s’accumuler. Maintenant les habitants de la colonie sont en mesure habituellement de prévoir le danger. Le danger augmente graduellement et ils peuvent intervenir. Et on commence à ramasser tout ce que l’on peut du plancher, j’imagine comme à Venise. On sait que le danger est imminent, car rien ne reste au sol, ce qui signifie que l’inondation va bientôt frapper. L’amas de glace a soudainement cédé et l’eau a rapidement envahi la colonie en quelques heures. Et ce n’est pas tout. L’effet a été dévastateur. Et à la lecture du bilan qui a suivi, tout a été littéralement effacé de la surface de la terre. Les maisons flottaient tout simplement comme on le voit dans des grandes inondations aujourd’hui. Le pouvoir exercé par toute cette eau, c’est inimaginable. Maintenant la ville de Winnipeg a le contrôle. On a construit une digue autour de la ville, un canal permettant d’évacuer la crue des eaux, ailleurs qu’au centre de la ville. Il existe donc un système de diversion et il a été construit de nos jours. Mais, évidemment, l’effet a été très dévastateur à la lecture de la correspondance et de comptes rendus de deux témoins de l’inondation. Selon leur témoignage, cette catastrophe a été violente, c’est le moins que l’on puisse dire, et tous les colons suisses ont fui vers les États-Unis. Ils n’allaient plus revivre ce genre de tragédie. Les membres de la famille Rindisbacher se sont donc retrouvés au beau milieu de cette inondation. Et il est difficile pour nous d’évaluer la quantité d’œuvres perdues à cause de l’inondation. Grâce à ce qui a survécu, nous commençons alors à constater ce qui a été perdu dans la Colonie de la Rivière-Rouge. S’il y avait un agent à Fort York qui détenait des aquarelles de Rindisbacher, elles étaient en sécurité loin des ravages de l’inondation. Quant aux aquarelles de Rindisbacher qui ont été acheminées en Europe, des gens les rapportaient chaque année et on en faisait la revente à des établissements canadiens. On pouvait les revendre, car elles avaient survécu à l’inondation parce qu’on les avait emmenées ailleurs. Alors on peut commencer à constater ce qui a été sauvegardé. Mais qu’en est-il des œuvres qui sont restées et qui ont été perdues?

    GM : Après l’inondation de la rivière Rouge de 1826, la famille Rindisbacher a émigré vers les États-Unis. Nous avons demandé à Gilbert comment la vie de Peter a changé après cet exode.

    GG : Dès son départ vers les États-Unis, toute sa vie culturelle et son cadre ont changé. Il n’avait plus les mêmes mécènes. La société dans laquelle il vivait et la structure de cette société n’étaient plus les mêmes. Il ne vivait plus dans un village pionnier, une colonie rattachée à une entreprise britannique. Tout d’abord, il vivait dans un cadre lui ayant permis de rencontrer d’autres artistes. Alors, tout à coup, son monde se concentrait davantage sur la côte Est des États-Unis et les grandes villes, dont Boston, Philadelphie, Pittsburgh, New York, Washington. Il existait donc de grands centres populaires et une grande richesse et la culture visuelle était relativement développée. On comptait des galeries d’art, des musées, des marchands d’art, de riches collectionneurs, très fortunés. Il y avait des académies d’art liées à l’Europe; des artistes européens venaient en Amérique pour travailler et de jeunes artistes américains allaient étudier dans les académies d’Europe. Il s’agissait d’une culture complètement différente. L’Amérique était un État-nation. Alors que la Colonie de la Rivière-Rouge était composée d’un petit regroupement de personnes qui essaient de créer une collectivité axée sur l’agriculture. Dans la colonie, il était un gros poisson dans un petit bocal et puis, aux États-Unis, il est devenu un petit poisson dans un grand bocal. Mais des éditeurs et des graveurs étaient bien établis aux États-Unis. On n’avait pas à retourner en Europe, le continent offrait tout ce qu’il fallait. La relation ainsi que le contact avec les habitants de la côte Est ont été instantanés, car, à cette époque, la doctrine Monroe avait cours et l’Amérique avait l’ambition de régner sur l’ensemble de l’Ouest. Son talent n’a pas tardé à être reconnu à son arrivée aux États-Unis. Et ses œuvres sont accueillies à Philadelphie où on les publie dans de petites revues de chasse sportive qui commencent à être publiées et à devenir populaires. Et bien entendu les scènes de chasse par les Autochtones dans les Prairies sont très populaires, car toute une notion romantique est rattachée aux peuples autochtones à cette époque-là. Alors lorsqu’il voyage aux États-Unis, le monde est différent. La recherche que nous avons entreprise se limite donc au travail qu’il a effectué au Canada en ayant recours aux œuvres qui sont dans des établissements canadiens. On compte d’importantes œuvres canadiennes dans les collections américaines, pas beaucoup, mais quelques-unes. La plupart se retrouvent au Canada. Et nous voulons comprendre non pas sa transition du Canada vers les États-Unis, c’est un livre complet en soi, mais nous sommes intéressés à approfondir sa transition de l’Europe vers le Canada et l’influence de Rindisbacher sur la culture visuelle canadienne. Il ne faut pas oublier que Rindisbacher est décédé à l’âge de 28 ans, donc très jeune. Son professeur, Jakob Samuel Weibel, lui a survécu pendant 20 ans de plus. Alors puisqu’il a vécu si peu de temps et a réalisé toutes ses œuvres dans ce contexte-là, cet exploit est digne de mention.

    GM : Nous avons demandé à Gilbert comment il définirait le rôle de Rindisbacher dans le patrimoine visuel canadien.

    GG : Habituellement, lorsqu’un artiste établit sa marque, son style et sa manière de travailler, cela a non seulement des retombées sur les clients qui achètent ses œuvres, mais il faut souligner également l’éducation reçue. Il existe des apprentis, des écoles où il commence à enseigner son art à de plus jeunes artistes. Et puis ces jeunes artistes s’inspireront alors de l’enseignement de leur maître pour créer leur propre vision, style, leurs propres techniques et méthodes servant à la prochaine génération. Et cette génération transfère ces connaissances à la prochaine. Dans le cas de Rindisbacher, nous ne pouvons pas le reconnaître comme le fondateur d’une école, car il a vécu si peu de temps. Nous pourrions dire de lui qu’il est le précurseur. Il est le premier artiste de son genre. Et il a démontré très clairement qu’il saisissait l’endroit, la région et que la société, la vie, les peuples autochtones, les Métis et les colons européens avaient leur propre mode de vie. Et il était en mesure de le dépeindre à la demande de ses clients.

    Il y a un dessin qui semble se démarquer de façon exceptionnelle et que des personnes ont demandé à Rindisbacher de faire des dessins pour expédier en Suisse comme l’indique la correspondance de diverses personnes acheminée aux membres de leur famille en Suisse. Et un magnifique livre a été publié par un immigrant suisse qui s’est rendu à Rivière-Rouge et est retourné en Suisse. Il était très désenchanté et furieux, à vrai dire il a perdu sa fortune. Il s’appelait Monsieur Wyss et il était en apparence un homme très difficile. Il était très déçu, car ce n’était pas le paradis, et que les choses essentielles qu’on lui avait promises dans le contrat conclu n’ont pas été respectées. Il a essayé de se rendre aux États-Unis, mais en vain et il a payé son voyage de retour en Suisse. Lorsqu’il est arrivé en Suisse, il a fait paraître un pamphlet où l’on mentionne à la dernière page : bien entendu, nous sommes venus en Amérique du Nord pour améliorer notre sort et tout le monde s’y est rendu avec de très bonnes intentions. Et il admet dans son propre livre qu’il était hésitant au départ. Et il précise qu’ils ont été bernés. Il conclut en disant qu’ils ont été trompés. On les y a amenés sous de faux prétextes. Et cela, vous savez, aurait pu justifier une poursuite en justice et la Selkirk Estate aurait pu être traduite en justice pour publicité trompeuse et mensongère, rupture de contrats, etc. Mais il a publié son pamphlet en guise de protestation. Dans le dernier paragraphe, il y fait mention d’un gentleman, dont il tait le nom, mais nous croyons savoir de qui il s’agit, qui au moment de rédiger une lettre à sa famille a demandé à Peter Rindisbacher, jeune artiste vivant dans la colonie, de faire un dessin de sa cabane et de sa terre, ses centaines d’âcre de terre. Mais il a précisé à l’artiste d’ajouter des vaches au paysage. Et il a déclaré qu’il a vu ce dessin et lui a mentionné : Monsieur, comment osez-vous inclure ce dessin qui est faux, pour le faire parvenir à vos amis et relations en Suisse? Vous mentez. Vous continuez à perpétuer le mensonge. Et, bien entendu, c’est une question de fierté. Mais cet homme utilise cet exemple, non pas tant contre Rindisbacher, mais plutôt contre l’homme qui rédige la lettre qui a inclus le dessin. Et on lui a dit quoi mettre dans le dessin. Voilà un exemple éloquent de l’artiste qui travaille pour son mécène et de l’objectivité de l’artiste. Vous voulez des vaches, on va en mettre. Vous voulez une tour, je vais en mettre une. Alors l’artiste peut répondre aux besoins de son client. Nous n’avons pas le dessin ni la lettre, mais nous savons par contre, qu’au moment de l’envoi de la lettre, que la colonie, les administrateurs, le gouverneur et son comité avaient commandé du bétail des États-Unis. Il faut une saison complète pour en obtenir. On allait en faire la vente aux colons. Et alors c’est un retour sur Rindisbacher pour en observer les éléments précis et la situation générale en même temps.

    GM : Gilbert, merci d’être venu ici aujourd’hui et de nous avoir partagé cette magnifique découverte ou ces grandes découvertes au sujet de Rindisbacher. Et c’est toujours un immense plaisir d’échanger avec vous.

    GG : Merci.

    GM : Merci bien de votre présence.

    GG : Merci. Ce fut un plaisir.

    GM : Pour en savoir plus sur Peter Rindisbacher et la collection de Bibliothèque et Archives Canada, n’hésitez pas à consulter notre site en ligne à bac-lac.gc.ca.

    Merci d’avoir été des nôtres. Ici Geneviève Morin, votre animatrice. Vous écoutiez « Découvrez Bibliothèque et Archives Canada ‒ votre fenêtre sur l’histoire, la littérature et la culture canadiennes ». Je tiens à remercier notre invité d’aujourd’hui, Gilbert Gignac.

    Pour plus d’information sur nos balados, ou si vous avez des questions, commentaires ou suggestions, visitez-nous à bac-lac.gc.ca/balados.

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